JOUVENCES 2010 ( CHATEAU D'ARDELAY 85 - LES HERBIRES)
     
JOUVENCES 2010 ( CHATEAU D'ARDELAY 85 - LES HERBIRES)
"Le devenir de l’art contemporain"
Une proposition de Pierre STERCKX
22 mai - 29 août 2010
Château d’Ardelay
85 - Les Herbiers
FRANCE


Jouvences
Il s’agit de quelque chose de printanier.
On y a rassemblé des artistes très différents de style et de générations, dont le point commun est le refus de la morosité ambiante. Tous, en effet, témoignent d’un art contemporain vitaliste, c’est-à-dire, suscitant des perceptions intensément vécues. Ce sont des témoins actifs d’un plus de puissance
de vie. Certains sont sculpteurs, d’autres, peintres, quelques-uns nous introduisent à l’art numérique. Pour chacun d’eux, l’art est inconcevable sans la vie et celle-ci ne suffit pas sans signes de vie. Que faisaient les Dogons, Cézanne, Chardin, Uccello, Vermeer, sinon entrelacer la vie, le monde et l’art ? Face à la pulsion de mort ambiante, Jouvences n’oppose cependant pas une superficielle euphorie hédoniste. Il y a de la gravité dans cette joie exposée.

Impossible de grouper sous une bannière les artistes ici présents, ils forment néanmoins une constellation de singularités ouverte à un large public. Tous proposent et expérimentent des forces qui deviennent formes. Ils nous permettent de tracer une cartographie de l’art contemporain qui serait intempestive aux yeux de la dominante culturelle actuelle.

Où en est la peinture ?
On a mille fois prédit sa mort, mais elle se porte bien du côté de l’image fragmentée d’un Robert Suermondt, des traces-effacements de Christopher Wool, Stuart Cumberland ou de Marc Desgrandchamps, des réseaux explosifs de Julie Mehretu ou ceux cristallins de Changha Hwang, de la turbulence charnelle des peintures d’Isabelle Bonzom, du désir de chaos d’un Tomory Dodge. La Chine est aussi présente avec le jeune peintre Kailiang Yang. Gilles Barbier apporte dans ses gouaches humour et science-fiction.

Quant à la sculpture, elle n’est pas en reste ! Le visiteur de Jouvences sera accueilli dans la cour du château d’Ardelay par une sculpture de Wim Delvoye. On ne pouvait rêver meilleur cadre pour le travail de cet artiste qui ne cesse de mêler la
décoration gothique aux machines industrielles. La grande salle du rez-de-chaussée verra se succéder des oeuvres d’Eric Fischl, de Tony Cragg, deux incontournables de la sculpture de notre temps, et du tout jeune Michael DeLucia, fasciné par l’art virtuel. Tradition et invention font ici bon ménage, associant matières nobles et matériaux contemporains, comme le marbre et la tôle perforée de Michel François, les galets
enveloppés de fils de Lionel Estève ou les tiges d’acier et les matières plastiques d’Eva Rothschild.

La toute nouvelle dimension de l’art numérique étant présente avec les oeuvres de Pascal Haudressy, Benjamin Chassagne et Charles Sandison (connu par ses installations au Musée d’Orsay et sur la façade du Grand Palais, à Paris). Jouvences donne une idée et une image de l’art contemporain en tant que multiplicités vitalistes et réseaux. Dès lors, comme toute multiplicité, Jouvences se veut transversalité productive de
pertinences inédites. Cela ne s’impose pas, cela ne dépend pas du choix d’une seule personne (fut-elle critique d’art). C’est une proposition déjà collective.
Pierre STERCKX

Critique d’art, ami proche d’Hergé et “tintinologue” réputé, Pierre Sterckx est surtout connu comme conférencier et conseiller de collectionneurs. Ancien directeur de l’École de Recherche graphique de Bruxelles et longtemps enseignant à l’École nationale des Beaux-Arts de Paris, il est notamment l’auteur de René Magritte, l’empire des images (éd. Assouline), Les plus beaux textes de l'histoire de l'art (éd. Beaux - Arts),Les Mondes de Vermeer (PUF) et Impasses et impostures en art contemporain (éd. Anabet). Il prépare actuellement un ouvrage sur Rodin. Il collabore régulièrement à Beaux - Arts Magazine. Il fut, la saison dernière, chroniqueur dans l’émission L’objet du scandale présentée sur France 2 par Guillaume DURAND. On lui doit l’exposition Vraoum à la Maison Rouge, Paris, en 2009 et Sexties au Palais des Beaux Arts de Bruxelles, la même année. Ses nombreuses rencontres avec les artistes (entre autres Warhol, Haring) lui ont conféré une sensibilité particulière : il conçoit son métier comme une poétique critique.

Les artistes de Jouvences :
Gilles Barbier (France), Isabelle Bonzom (France), Benjamin Chassagne (France), Tony Cragg (Angleterre), Stuart Cumberland (Angleterre), Michael DeLucia (USA), Wim Delvoye (Belgique), Marc Desgrandchamps (France),
Tomory Dodge (USA), Lionel Estève (Belgique), Eric Fischl (USA), Michel François (Belgique), Pascal Haudressy (France), Changha Hwang (Corée du Sud), Adam Janes (USA), Julie Mehretu (USA), Pierrick Naud (France), Eva Rothschild (Angleterre), Charles Sandison (Angleterre), Alain Séchas
(France), Robert Suermondt (Suisse), Christopher Wool (USA), Kailiang Yang (Chine)


Dossier complet et film-interview de Pierre STERCKX "Jouvences,
le devenir de l’art contemporain" bientôt consultables sur
www.lesherbiers.fr
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